Nouvelle Médaille d'or pour le Chateau Rousset-caillau

C'est le Samedi 12 Mai que la nouvelle est tombé....

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Nouveaux millésimes
2003 et 2005

Nos nouveaux millésimes viennent de sortir, le Bordeaux Supérieur 2003 et le vin de table rouge 2005.

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Château Rousset-Caillau

Sur un territoire défini, la vigne est, par essence, pérenne. La pérennité d'une famille à sa tête est-elle la conséquence de cet état de fait ? Probablement. A Rousset-Caillau, par exemple.

A l'origine était la boulangerie... C'est ainsi, paradoxalement, que pourrait commencer le récit de quatre générations (bientôt cinq?) de vignerons. Car c'est bien dans l'artisanat boulanger que l'aventure trouve sa source, puisque aïeux Goulpier y ont acquis quelques ressources pour opérer leur retour aux racines paysanes qui sont, chez nous, le lot de chacun ou presque, pour peu qu'on remonte assez loin dans sa généalogie.

Création de survie

En 1929 (l'année de la grande crise financière, déferlante qui en annonçait bien d'autres...), ils vendent leur commerce et s'établissent paysans: polyoculture, dont cinq hectares de vignes. "Le but était d'avoir quelque chose à soi, parce-que la terre est nourricière." Dans le contexte d'alors, plus qu'un souci légitime: une nécessité. L'exploitation se transmettra par les femmes, gardant cet équilibre, caractéristique de bien des petites structures agricoles au cours du XXème siècle, qui voulait que l'un des époux ait un autre métier pour rapporter à la maison la ressource stable que la terre ne garantit pas. Ce n'est qu'avec Nicole et Michel Falgueyret (la troisième génération) que tous les oeufs seront mis dans le même panier: les époux feront leur vie à la ferme, exclusivement.
Il faut dire que lorsqu'ils s'établisent, c'est une ère de -relative- prospérité qui s'ouvre après les -relatives- vaches maigres des années 60. En particulier pour le vin, ancré dans la tradition familiale depuis l'origine ("On a toujours fait le vin sur place, jamais à la cave.").
L'affaire prospère régulièrement, convertissant aux rouges un vignoble traditionnellement dévolu aux blancs. Les modes et usages changent, il faut s'adapter.

Transmission

Or, il y a peu de temps, peut-être un peu lassé d'une vie de labeur, peut-être un peu rebuté par le discours de plus en plus insistant qui promet au vignoble bordelais un futur immédiat apocalyptique face à la concurrence mondiale, Michel Falgueyret déclarait "un des enfants prend la suite, ou je vends". La crise de la cinquantaine? Peut-être, mais opportune puisqu'elle a décidé leur fille Catherine à se lancer. "Cathy était prête. Elle voyageait beaucoup et travaillait en Espagne, mais c'est ici qu'elle a rencontré Sébastien. Et comme c'est un passionné de la vigne et du vin...". Le bonheur qu'on cherche bien loin pendant qu'il attend à la maison; l'histoire est un éternel recommancement.
Quant aux éternels hérauts de la ruine prochaine, on n'a guère le temps ni l'envie de les écouter quand on se lance dans la vie. Ils devraient bien songer à aller pousser ailleurs leurs chants funèbres. "Ici, précise Nicole Falgueyret, c'est une structure de passion et de caractère." Un havre d'optimisme, dirait-on, lorsqu'elle accueille l'arrivant sur un "ici, c'est le Paradis" traduisant avec à-propos la beauté simple et reposante du cadre.
Sébastien Léglise est petit-fils d'agriculteur et, si ses parents ont délaissé la terre pour travailler dans le milieu hospitalier, lui n'a rêvé, aussi loin qu'il s'en souvienne, que de mettre ses pas dans le sillon tracé par ses aïeux. BTS en poche (en commercialisation des vins) il a -de son propore aveu- la chance de décrocher un emploi de maître de chai au proche château Lagarde. Il "y apprendra beaucoup de choses dans un domaine qui sort 800.000 bouteilles par an".

Evolutions

Dans un an environ, lorsque Sébastien aura acquis les qualifications complémentaires ouvrant droit aux aides sans lesquelles il serait illusoire de prétendre se lancer, Cathy et Sébastien accèderont au statut d'exploitant. Mais ils prennent, à plein temps, leur part dans la vie de Rousset-Caillau depuis déjà plus d'un an, apportant à l'exploitation les connaissances et savoir-faire acquis dans leurs activités passées. Et les idées que la jeunesse autorise, ayant pour elle l'enthousiasme, l'énergie et le temps de les mettre en oeuvre.
Bien sûr, "la vie à la vigne, c'est dur. Heureusement qu'on a cette jubilation des vendanges." Mais avec l'alliance des générations, les idées ne manquent pas pour la rendre attrayante.
Pour cela, il y a d'abord la passion du produit, avec ses moments d'exaltation, ses inquiétudes, ses impatiences. "Il faudrait que le vin, ce soit comme la cuisine, on sent, on goûte, on fait, on déguste. Le vin, on le sent d'entrée, on voit les couleurs immédiatement, au chai. Ensuite, c'est un peu frustrant, on voudrait que tout se retrouve de suite dans la bouteille." Le vin est largement affaire de patience...
Il y a aussi la passion de la découverte, il faut sortir de sa vigne et de son chai. On acquiert ainsi une conscience plus claire de l'image extérieure de son produit, de son métier, de sa vie. Avec, parfois, quelques révélations surprenantes: "Un jour, nous confie Sébastien, un Brésilien m'a dit que c'était la première fois de sa vie qu'il voyait un vigneron!"
Il y a encore l'affirmation de ses propres choix: "Il faut faire ses choix; aujourd'hui on va trop vers des stéréotypes". La peur, sans doute, de ne pas être apprécié qui inhibe la création au profit des valeurs dites sûres et reconnues. Cet avatar du marketing n'est pas propre au vin; il n'y a qu'à voir, par exemple, ces "nouveautés totalement nouvelles" de la mode, du design électro-ménager ou automobile, etc... qui, passée la première surprise d'un détail exclusivement mis en avant, se révèlent clonées sur un même modèle!
Il y a encore le respect du métier. "Garants d'un patrimoine unique et historique, nous nous devons de préserver sa valeur en pratiquant une culure raisonnée... Pour répondre à des critères définis par certaines normes de qualité, nous pouvons assurer la traçabilité de nos produits dans le respect d'un savoir-faire hiérarchique."
Il y a toujours, le respect des autres et de soi: "On aime les gens qui ont le respect de l'homme qui fait le vin. Travailler avec le négoce n'est pas négatif, (c'est heureux, car la plus grosse part de la production part au négoce) mais on n'a jamais voulu se plier à la dictature infernale de certains négociants." Volonté d'indépendance et de répartition des risques commerciaux, les vignobles Falgueyret projettent, à terme, de partager leur commercialisation à parité entre ventes directes (bouteilles et bag-in-box aux particuliers, petits commerces, restaurateurs, ...) et ventes en vrac au négoce. La force de vente familiale ne va pas manquer de travail...

Rêves

Enfin, il y a les rêves. "On espère pouvoir organiser bientôt des soirées jazzy." Le cadre se prête particulièrement à l'ivresse saine et mesurée de la bonne musique et des plaisirs de gueule. Avec modération, bien sûr, mais sans interdit au bonheur simple du commensalisme. Au risque de heurter les abstinents et autres raides contempteurs du bien-vivre.
Tant il est vrai qu'à Rousset-Caillau, "on est au Paradis".
Bernard LASSERRE

PRATIQUE

Quelques chiffres
Sur 36,5 hectares de sols argilocalcaires regroupés autour de la maison familiale, les terres du château Rousset-Caillau forment un vignoble homogène âgé d'une vingtaine d'années. Vignes rouges (32 hectares de Merlot, Cabernet franc et Cabernet Sauvignon) et blanches (4,5 hectares de Sémillon, Sauvignon et Muscadelle) se partagent les pentes exposées plein Sud du coteau.
Les vinifications sont traditionnelles, en cuve inox, sauf pour une cuvée de blanc sec qui "ne connaît pas la barrique". Les Bordeaux rouge et rosé sont élevés en cuves (inox et ciment), les Bordeaux supérieur rouge et Bordeaux blancs destinés à la mise en bouteilles sont, eux, élevés en fûts de chêne.

Article du journal "Le Républician" paru le vendredi 25 Juin 2004 à la rubrique Magazine/Vie de Château par Bernard Lasserre
 
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